Maison Éthier était une enseigne québécoise emblématique spécialisée dans le mobilier haut de gamme, les matelas, les électroménagers et la décoration intérieure. Fondée en 1984 à Saint-Basile-le-Grand, cette institution familiale a marqué le paysage commercial du Québec pendant plus de 35 ans avant de déclarer faillite en décembre 2019, laissant derrière elle des dizaines d’employés sans travail et des centaines de clients avec des commandes non livrées.

L’histoire de Maison Éthier : des origines familiales à une institution québécoise
Tout commence bien avant 1984. La famille Éthier est ancrée dans le commerce local depuis les années 1900, lorsqu’Euclide Éthier ouvre un magasin général à Saint-Basile-sur-Richelieu. L’aventure dans l’ameublement prend forme avec les fils de Georges Éthier, Michel, Pierre et Serge, qui s’associent pour lancer une entreprise dédiée au mobilier résidentiel.
C’est en 1984 que Maison Éthier ouvre officiellement ses portes dans un ancien entrepôt de la compagnie Ocean Spray. L’enseigne se positionne dès le départ sur le haut de gamme, avec une approche personnalisée et un sens du service qui la différencie immédiatement des grandes chaînes.
Dès ses premières années, la boutique attire une clientèle fidèle venue de toute la Montérégie et de la grande région de Montréal. L’enseigne se fait un nom grâce à une sélection de produits soigneusement choisie et à des vendeurs formés pour accompagner les projets les plus exigeants. Le bouche-à-oreille fait le reste : Maison Éthier devient rapidement synonyme de qualité dans les conversations des familles qui s’installent ou qui rénovent.
Au fil des années, la boutique grandit pour devenir le plus grand magasin de meubles du Canada avec son site de Saint-Basile-le-Grand : 260 000 pieds carrés d’exposition sur le boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, auxquels s’ajoutent 70 000 pieds carrés d’entrepôt. Un deuxième magasin de 75 000 pieds carrés ouvre à Saint-Jean-sur-Richelieu, rue Jacques-Cartier Nord. Deux adresses visibles depuis l’autoroute, devenues des repères pour des générations de familles québécoises.
Cette croissance s’étale sur plusieurs décennies de prospérité, dans un contexte favorable au commerce physique de qualité. Le marché québécois connaissait alors une croissance démographique soutenue, une augmentation du pouvoir d’achat et un attachement fort aux enseignes locales. Les consommateurs privilégiaient la durabilité et acceptaient d’investir dans des meubles pensés pour traverser les années. Maison Éthier s’imposait sans rencontrer de concurrence frontale majeure, construisant patiemment une réputation qui semblait inattaquable.

Ce que proposait Maison Éthier : un concept « tout sous un même toit »
La force de Maison Éthier, c’est d’avoir très tôt adopté un modèle de vente global, bien avant que le terme ne devienne à la mode.
Sous un même toit, vous pouviez trouver des meubles pour chaque pièce de la maison, des matelas toutes gammes, des électroménagers haut de gamme (réfrigérateurs, poêles, laveuses, sécheuses), des tapis, de la décoration intérieure et des produits d’extérieur. Plus de 120 marques prestigieuses étaient représentées, ce qui en faisait une destination incontournable pour les projets d’aménagement complets. Si vous cherchez encore à composer votre intérieur, notre guide sur la hauteur idéale d’une table à manger peut vous aider à faire les bons choix.
Le positionnement était clairement orienté vers le milieu et le haut de gamme. Maison Éthier ne cherchait pas à concurrencer les enseignes d’entrée de gamme sur les prix, mais à offrir un service incomparable, des produits de qualité et une expérience d’achat mémorable. Les salles de présentation étaient aménagées comme de véritables intérieurs de maison, permettant aux clients de se projeter facilement dans leurs futurs espaces de vie.
Le personnel connaissait ses clients réguliers par leur prénom, se souvenait de leurs projets. Cette proximité humaine, rare dans les grandes surfaces, faisait toute la différence et fidélisait une clientèle sur plusieurs générations. Des familles revenaient meubler leur premier appartement, puis leur maison, puis la chambre de leurs enfants.
Les conseillers de vente étaient formés pour accompagner les projets d’aménagement complets, de la conception à la livraison. Ils proposaient des plans d’aménagement, guidaient dans le choix des matières et des coloris, et assuraient un suivi après livraison. Ce niveau de service, difficile à reproduire en ligne, était l’une des raisons pour lesquelles les clients revenaient année après année.

Le changement de propriétaires en 2016 : un tournant décisif
En 2016, Maison Éthier change de mains. Sylvain Bonneau et François Éthier rachètent l’entreprise pour 19 millions de dollars, avec la volonté affichée de moderniser l’enseigne tout en préservant son ADN familial.
Sylvain Bonneau n’est pas un inconnu dans la maison : il était présent depuis plus de 24 ans dans l’entreprise. La transmission semblait donc naturelle, portée par des gens qui connaissaient l’histoire de la marque de l’intérieur.
Mais le contexte commercial a changé plus vite que prévu. Les années suivant l’acquisition sont marquées par des tensions financières croissantes, dans un secteur du meuble qui vit alors une transformation profonde de ses modes de consommation.
Ce changement de propriétaires en 2016 intervient paradoxalement à un moment où le marché du meuble physique commence à montrer des signes de fragilité. Le prix d’acquisition de 19 millions de dollars représentait un engagement financier lourd pour une structure dont les marges allaient être de plus en plus comprimées par la concurrence en ligne. L’enjeu était de réussir une transition vers un modèle hybride, combinant expérience en magasin et présence numérique, sans disposer des ressources suffisantes pour financer cette transformation dans un délai raisonnable.

Les raisons de la fermeture : un modèle pris en étau
La faillite de Maison Éthier n’est pas arrivée d’un coup. C’est une accumulation de pressions qui ont fini par avoir raison d’une entreprise solide sur le papier.
La montée en puissance du commerce en ligne est souvent citée comme le facteur principal. Amazon, les sites spécialisés et les marques en vente directe ont redistribué les cartes du marché. Des clients habitués à venir en magasin ont commencé à comparer les prix en quelques clics, souvent au détriment des enseignes physiques aux coûts de structure élevés.
La concurrence des géants à bas prix comme IKEA et les grandes chaînes d’escompte a simultanément exercé une pression vers le bas sur les prix, rendant plus difficile la justification d’un positionnement haut de gamme auprès d’une clientèle devenue plus volatile.
À cela s’ajoute un virage numérique manqué. Maison Éthier n’a pas su développer une présence en ligne cohérente ni adapter son modèle de vente aux nouvelles habitudes des consommateurs. Les immenses surfaces d’exposition, autrefois un avantage compétitif majeur, sont devenues un poids financier difficile à amortir quand le trafic en magasin diminuait.
Le changement générationnel a également joué un rôle. Les jeunes ménages québécois, habitués à acheter tout en ligne, n’avaient pas développé le réflexe de se rendre dans les grandes surfaces d’ameublement comme leurs parents. La transmission du lien affectif à la marque n’a pas eu lieu, et c’est un problème structurel que de nombreuses enseignes traditionnelles ont rencontré à la même époque.
La dette accumulée atteignait plus de 22 millions de dollars, une charge que l’entreprise n’a finalement pas réussi à absorber malgré ses efforts de restructuration. Les fonds de liquidation, estimés à environ 25 millions de dollars, n’ont pas suffi à rembourser les créanciers et à maintenir les opérations.

Novembre 2018 : le placement sous protection de la LACC
Face à des difficultés financières croissantes, Maison Éthier se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) le 15 novembre 2018. Cette procédure, l’équivalent québécois d’une protection contre la faillite immédiate, doit permettre à l’entreprise de se réorganiser et de trouver un accord avec ses créanciers.
Tiger Capital Group est mandaté pour organiser une vente de liquidation dans les deux magasins. L’objectif : renflouer les caisses, honorer les commandes en attente et préparer une restructuration viable.
La vente de liquidation propose des remises significatives sur l’ensemble des stocks, avec la promesse que les clients ayant versé des acomptes verraient leurs commandes finalisées grâce aux ressources de Tiger. Pour ceux qui s’intéressent à la literie ou aux achats importants pour la maison, notre article sur comment choisir une literie saine peut vous guider dans vos choix futurs.
Durant cette période de restructuration, l’atmosphère dans les magasins était particulière. Le personnel continuait à travailler dans l’incertitude totale quant à leur avenir professionnel, tout en servant des clients qui parfois ignoraient que l’enseigne était en grande difficulté. Les négociations avec les créanciers se déroulaient en coulisses, et les espoirs de sauvetage se sont progressivement amenuisés au fil des mois, sans qu’une issue viable se dessine.

Guide pratique : vos recours si vous êtes client lésé de Maison Éthier
Si vous avez acheté des produits chez Maison Éthier avant sa fermeture, la situation de vos garanties dépend de la nature de votre achat et du type de protection souscrit.
Pour les garanties fabricant sur les produits déjà livrés, ces protections restent valides. La faillite du vendeur n’annule pas la garantie du fabricant. Vous devez contacter directement le fabricant avec votre facture d’achat pour faire valoir vos droits. La plupart des grandes marques d’électroménagers et de meubles honorent leurs engagements indépendamment du statut du revendeur.
Pour les plans de protection prolongée souscrits via des tiers, comme Comerco, vérifiez vos documents pour trouver le nom de l’administrateur. Votre contrat est avec cette compagnie d’assurance, pas avec Maison Éthier. Ces garanties prolongées ont généralement été maintenues.
Pour les garanties offertes directement par Maison Éthier, elles sont malheureusement expirées. L’entreprise n’existe plus pour les honorer, et il n’existe aucun recours possible.
Pour les commandes non livrées et les acomptes, les recours via rétrofacturation par carte de crédit sont désormais prescrits, le délai légal de contestation étant généralement de 60 jours après la transaction. Les clients n’ayant pas engagé de démarche à l’époque se trouvent aujourd’hui sans recours pratique.

Juillet 2019 : la fermeture des deux magasins annoncée
En juillet 2019, c’est officiel : les deux magasins Maison Éthier vont fermer leurs portes. L’annonce tombe comme un coup de massue pour les employés, les clients et les communautés locales de Saint-Basile-le-Grand et Saint-Jean-sur-Richelieu.
La restructuration n’a pas produit les résultats escomptés. Les négociations avec les créanciers ont échoué, et aucun accord viable n’a pu être trouvé pour maintenir l’activité, même sous une forme réduite.
Pour les familles des deux communes, la nouvelle dépasse le simple plan commercial. Ces enseignes lumineuses qui s’éteignaient marquaient symboliquement la fin d’une époque, celle du commerce de proximité où les vendeurs vous reconnaissaient à la porte.
Décembre 2019 : la faillite officielle
Le 12 décembre 2019, Maison Éthier déclare volontairement faillite. Le magasin de Saint-Basile-le-Grand avait fermé ses portes la veille. Celui de Saint-Jean-sur-Richelieu était déjà fermé depuis plusieurs semaines.
Stéphane De Broux, le syndic responsable du dossier chez KPMG, résume la situation sans détour : « La liquidation n’a pas apporté les fruits escomptés. On a tout essayé, mais sans le soutien des créanciers garantis et en l’absence de liquidités suffisantes, la faillite est devenue le seul scénario possible. »
Environ 60 personnes perdent leur emploi du jour au lendemain, contraintes de se réorienter dans un marché du travail déjà compétitif. Parmi elles, des conseillers de vente ayant passé quinze ou vingt ans au service de la clientèle Éthier, des livreurs qui connaissaient leur secteur comme leur poche, et des techniciens d’entrepôt dont le savoir-faire ne trouvait pas facilement preneur ailleurs.
La procédure de faillite met fin à toute possibilité de négociation ou de reprise. Les actifs restants sont pris en charge par le syndic, les créanciers garantis sont remboursés en priorité, et les autres parties prenantes, clients et fournisseurs en tête, se retrouvent en bas de la liste des priorités légales. Un dénouement brutal pour une institution de plusieurs décennies.
Les clients lésés : commandes non livrées et acomptes perdus
La fermeture brutale a laissé de nombreux clients dans une situation très difficile. Des commandes passées des semaines ou des mois auparavant n’ont jamais été honorées, touchant des familles en plein projet de déménagement ou de rénovation.
Selon les informations disponibles, ce sont environ 974 000 dollars de versements clients effectués avant le 15 novembre 2018 qui n’ont pas pu être remboursés. Une somme importante qui représente des centaines de situations personnelles douloureuses.
Les recours ont été inégaux selon les situations. Les clients ayant réglé par carte de crédit ont pu, dans certains cas, contester les transactions auprès de leur banque, généralement dans un délai de 60 jours. Pour les garanties sur les produits déjà livrés, les clients ont dû se tourner directement vers les fabricants, avec des résultats variables selon les marques.
Les plans de protection prolongée souscrits via des tiers comme Comerco sont restés valables, car ces contrats étaient indépendants de Maison Éthier. Mais les garanties offertes directement par l’enseigne, elles, se sont éteintes avec l’entreprise.
L’impact sur les communautés locales
Au-delà des chiffres, la fermeture de Maison Éthier a laissé un vide humain et symbolique dans les deux communes où l’enseigne était implantée.
À Saint-Basile-le-Grand notamment, le bâtiment imposant du boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, visible depuis l’autoroute 20, était un repère visuel pour des générations d’automobilistes. Ses vitrines désormais vides et ses panneaux « À louer » ont témoigné pendant plusieurs mois de la fragilité du commerce traditionnel face aux mutations du marché.
Les fournisseurs et partenaires locaux ont également subi les conséquences de cette faillite. Dans une région où Maison Éthier était l’un des employeurs commerciaux les plus importants, la disparition de l’enseigne a eu des répercussions économiques bien au-delà des murs des deux magasins.
Pour de nombreux résidents de la Montérégie, Maison Éthier représentait bien plus qu’un magasin. C’était un lieu de vie lié à des souvenirs familiaux : le canapé choisi ensemble pour le premier appartement, la chambre de l’enfant meublée avec soin, le premier électroménager autonome acheté en sortant des études. Ces repères affectifs sont difficiles à quantifier mais ils expliquent en partie l’émotion que la fermeture a suscitée, bien au-delà des seules considérations pratiques.
Les témoignages recueillis sur les réseaux sociaux à l’époque de la fermeture montraient des clients sincèrement attristés, non par la perte d’un commerce mais par la disparition d’un lien avec leur histoire personnelle et celle de leur famille. Ce type de réaction est le signe d’une marque qui avait réussi à construire quelque chose de rare dans le commerce de détail : une vraie relation émotionnelle avec sa clientèle.
Ce que révèle la chute de Maison Éthier sur le secteur du meuble
L’histoire de Maison Éthier illustre une réalité que de nombreux acteurs du commerce traditionnel ont vécue douloureusement au cours des années 2010.
Les modèles fondés sur de grandes surfaces physiques coûteuses à entretenir se sont retrouvés en porte-à-faux face à des concurrents sans point de vente qui pouvaient proposer les mêmes produits à des prix nettement inférieurs. Le coût d’un entrepôt de 70 000 pieds carrés est une réalité très différente de celui d’un entrepôt logistique mutualisé.
La fidélisation des clients, autrefois un atout naturel du commerce de proximité, est devenue plus difficile à maintenir dans un environnement où la comparaison de prix se fait en quelques secondes sur un smartphone. Même une relation humaine de qualité ne suffit plus toujours à justifier un écart de prix significatif.
Ce phénomène n’est pas propre au Québec. Partout en Amérique du Nord, des enseignes historiques d’ameublement ont connu le même sort face à la transformation des habitudes de consommation. Si vous souhaitez aménager votre intérieur avec intelligence, nos articles sur les éléments essentiels d’un aménagement réussi ou sur la décoration avec la couleur vert d’eau peuvent vous inspirer.
La leçon que l’on peut tirer de ce dossier est que la qualité d’une offre ne protège pas d’une transformation profonde du marché. Maison Éthier proposait de bons produits, un service reconnu et une histoire authentique. Ces atouts, indéniables, n’ont pas suffi à compenser l’absence d’une stratégie numérique cohérente et les contraintes d’une structure de coûts trop lourde pour naviguer dans un environnement devenu hyper-concurrentiel.
Les enseignes qui ont survécu à cette même période sont celles qui ont su investir tôt dans leur présence en ligne, rationaliser leurs surfaces de vente et transformer leur modèle en misant sur l’expérience client comme différenciateur non reproductible.
Que reste-t-il de Maison Éthier aujourd’hui ?
Si la marque commerciale telle qu’on la connaissait a disparu avec la faillite de 2019, le nom Éthier a connu une reconversion dans le secteur de la rénovation résidentielle.
Sous une nouvelle forme et un nouveau modèle, des services liés à l’aménagement et à la rénovation ont été développés en s’appuyant sur l’expertise accumulée au fil des décennies dans l’univers de l’habitat. Cette reconversion illustre bien le principe qu’un savoir-faire ne disparaît jamais totalement : il se transforme et s’adapte pour trouver une nouvelle manière de servir.
Le site de l’ancien magasin de Saint-Basile-le-Grand a, quant à lui, fait l’objet d’un projet résidentiel écoresponsable, transformant un espace commercial emblématique en lieu de vie, comme une page qui se tourne définitivement sur cette époque du commerce de détail.
Cette reconversion dans la rénovation n’est pas anodine. Elle s’appuie sur la même connaissance profonde des besoins des Québécois en matière d’habitat, mais en proposant désormais des solutions d’aménagement sur mesure plutôt que de la vente de mobilier. Les compétences en design d’intérieur, la connaissance des matériaux et la capacité à coordonner des projets complexes trouvent une nouvelle expression dans ce nouveau positionnement.
Quelles alternatives après Maison Éthier ?
La disparition de Maison Éthier a laissé un vide dans le segment du meuble haut de gamme en Montérégie et dans la grande région de Montréal. Plusieurs enseignes ont pu, en partie, reprendre ce rôle.
Brault & Martineau est probablement le successeur le plus direct dans le concept « tout sous un même toit ». L’enseigne québécoise propose meubles, matelas et électroménagers avec un réseau de magasins bien implanté dans la province.
Meubles RD et d’autres détaillants régionaux de la grande région de Montréal ont également su capter une partie de la clientèle habituée aux grandes surfaces spécialisées, en misant sur un service personnalisé similaire à celui que proposait Maison Éthier.
Pour le haut de gamme pur, des boutiques spécialisées en design d’intérieur ont renforcé leur position, en proposant des marques de mobilier européen et nord-américain premium que Maison Éthier représentait autrefois dans la région.
Côté déco, si vous cherchez à aménager votre espace extérieur en complément de votre intérieur, nos guides sur les meilleures plantes pour un jardin écologique ou sur ce qu’il faut mettre dans de grands pots de terrasse peuvent vous donner des idées pour prolonger l’aménagement au-delà des murs de votre maison.
Les grandes marques représentées chez Maison Éthier
L’une des raisons du succès durable de Maison Éthier était sa capacité à rassembler sous un même toit des marques de qualité dans tous les univers de la maison.
Du côté de l’électroménager, l’enseigne distribuait les grandes références du marché nord-américain et européen, des marques reconnues pour leur fiabilité et leur longévité. Les cuisines étaient souvent conçues en cohérence avec les appareils choisis, les conseillers guidant les clients vers des combinaisons esthétiquement et fonctionnellement harmonieuses.
Pour le mobilier, Maison Éthier s’était positionnée sur des gammes intermédiaires et supérieures, délibérément à l’écart du tout-venant des meubles en kit. Canapés en cuir pleine fleur, literie à ressorts ensachés, salles à manger en bois massif : le parti pris était celui de la durabilité et du confort, deux valeurs que les clients de la marque partageaient pleinement.
Les tapis et la décoration complétaient l’offre, permettant à une famille de repartir avec une pièce entièrement coordonnée en une seule visite. Ce niveau de complétude était rare dans le secteur et constituait un vrai avantage dans la durée, avant que les plateformes en ligne ne proposent la même chose avec des prix souvent inférieurs et une livraison à domicile.
Maison Éthier dans la mémoire collective québécoise
Au-delà de son histoire commerciale, Maison Éthier a laissé une empreinte dans la mémoire collective des Québécois, particulièrement dans les générations nées entre 1960 et 1990.
Pour ces générations, les grandes enseignes d’ameublement locales faisaient partie du paysage du week-end. On s’y rendait en famille, on essayait les canapés, on testait les matelas, on discutait des couleurs. C’était une sortie, parfois une aventure, et presque toujours un projet qui unissait les membres d’un foyer autour d’une décision commune. Ces moments d’achat, aujourd’hui en grande partie digitalisés et solitaires, avaient une dimension sociale que peu d’observateurs mesurent pleinement.
La nostalgie autour de Maison Éthier, perceptible dans les commentaires en ligne depuis la fermeture, ne porte pas uniquement sur les meubles. Elle porte sur une époque où acheter un canapé était une expérience en soi, où le vendeur vous reconnaissait, où l’on pouvait toucher et tester avant de décider. Une expérience que les sites e-commerce peinent encore à reproduire fidèlement, malgré la réalité augmentée et les configurateurs en ligne.
Cette dimension mémorielle explique aussi pourquoi la fermeture de 2019 a eu un tel retentissement, bien au-delà des seules considérations économiques. C’était la disparition d’un morceau de l’identité commerciale d’une région entière.
La LACC au Québec : comprendre la procédure de restructuration
Pour saisir pleinement ce qu’a traversé Maison Éthier entre 2018 et 2019, il est utile de comprendre ce que représente le placement sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
La LACC est une procédure fédérale canadienne qui permet à une entreprise en difficulté financière de bénéficier d’une protection temporaire contre ses créanciers le temps de négocier un plan de restructuration. Concrètement, les poursuites judiciaires sont suspendues, les contrats ne peuvent pas être résiliés unilatéralement et l’entreprise continue à opérer sous la supervision d’un contrôleur nommé par le tribunal.
L’objectif est de donner à l’entreprise le temps et l’espace nécessaires pour proposer un plan de réorganisation que les créanciers peuvent approuver ou rejeter. Si le plan est accepté, l’entreprise peut continuer à exister sous une forme restructurée. Si les négociations échouent, la faillite est l’issue inévitable.
Dans le cas de Maison Éthier, cette période de protection a duré environ un an, de novembre 2018 à décembre 2019. Les tentatives de trouver un accord viable ont toutes échoué, faute de liquidités suffisantes et en l’absence d’un soutien clair des créanciers garantis. La liquidation des stocks, censée apporter les fonds nécessaires à la restructuration, n’a pas produit les résultats espérés.
Cette procédure illustre une réalité du droit commercial : la restructuration n’est possible que si les acteurs clés y croient et y contribuent. Sans le soutien actif des principaux créanciers, la meilleure volonté des dirigeants ne suffit pas à maintenir une entreprise à flot. Maison Éthier a fait face à ce mur en 2019, malgré les efforts sincères déployés pendant plusieurs mois de négociations difficiles.
FAQ sur Maison Éthier
Maison Éthier existe-t-il encore ? Non, l’enseigne commerciale Maison Éthier telle qu’elle existait a définitivement fermé ses portes en décembre 2019 avec la déclaration de faillite. Le nom Éthier a été associé depuis à des activités dans la rénovation résidentielle, mais les magasins d’ameublement ne fonctionnent plus.
Où se trouvaient les magasins Maison Éthier ? Les deux magasins étaient situés au Québec, en Montérégie : le principal au 267, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier à Saint-Basile-le-Grand, et le second au 126, rue Jacques-Cartier Nord à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Pourquoi Maison Éthier a-t-il fermé ? La fermeture résulte d’une combinaison de facteurs : une dette de plus de 22 millions de dollars, la concurrence du commerce en ligne et des grandes chaînes à bas prix, un virage numérique manqué et l’incapacité à obtenir le soutien des créanciers lors de la tentative de restructuration sous la LACC en 2018-2019.
Combien d’employés ont perdu leur emploi ? Environ 60 personnes ont perdu leur emploi lors de la fermeture définitive en décembre 2019.
Les clients lésés ont-ils été remboursés ? Partiellement et de manière inégale. Les clients ayant payé par carte de crédit ont parfois pu contester les transactions. Les garanties fabricants sur les produits livrés sont restées valables. En revanche, les acomptes versés avant le 15 novembre 2018 (environ 974 000 dollars au total) n’ont généralement pas pu être remboursés.
Quel était le plus grand magasin de Maison Éthier ? Le magasin de Saint-Basile-le-Grand avec ses 260 000 pieds carrés d’exposition était considéré comme le plus grand magasin de meubles du Canada.
Maison Éthier avait-il un site de vente en ligne ? Non, et c’est d’ailleurs l’une des causes identifiées de son déclin. L’absence d’une plateforme e-commerce robuste a fragilisé l’enseigne face à des concurrents numériques plus agiles.
