Electromust n’existe plus en tant que commerçant. Ce site d’électroménager discount, lancé en 2001 et doté de magasins à Paris et en Île-de-France, a été placé en liquidation judiciaire le 14 septembre 2016, en laissant des centaines de clients sans leur appareil ni leur remboursement. La procédure a été clôturée pour insuffisance d’actif en janvier 2023. Le dirigeant de l’époque a été condamné en première instance en décembre 2020, une décision frappée d’appel. Quant au site electromust.com actuel, c’est un blog de décoration sans aucun lien avec l’ancienne enseigne.
Tout ce qui suit s’appuie sur les articles de Que Choisir, sur les annonces officielles du BODACC et sur le registre des entreprises. Je n’ai jamais été cliente d’Electromust. En revanche, une amie avait commandé un lave-linge sur un petit site discount, à l’époque où ses jumeaux étaient bébés : trois semaines d’attente, des mails restés sans réponse, et une machine qui n’est jamais arrivée. Depuis, chaque fois qu’un nom comme celui-ci revient dans les recherches, je me dis qu’il mérite une réponse claire.

Electromust en bref
| Point | Ce que disent les sources |
|---|---|
| Activité | Vente d’électroménager en ligne et en magasin, à prix discount |
| Lancement du site | 2001, selon Que Choisir, qui le présentait comme l’un des plus anciens e-commerçants français |
| Société exploitante | Arts Ménagers Services (AMS) jusqu’en 2014, puis Pemiblanc Merchandising SAS (SIREN 803 558 428) |
| Autres sites et enseignes | Electrosigma.com, VP Discount, Literie Must |
| Liquidation judiciaire | Prononcée le 14 septembre 2016 par le tribunal de commerce de Paris |
| Fin de la procédure | Clôture pour insuffisance d’actif le 18 janvier 2023 (BODACC) |
| Volet pénal | Condamnation en première instance le 4 décembre 2020, appel en cours selon Que Choisir |
| Le site electromust.com aujourd’hui | Un blog déco et maison, édité par une autre structure, qui ne vend rien |
L’histoire d’Electromust, du pionnier du e-commerce à la liquidation
Electromust a longtemps été un nom connu des Franciliens qui cherchaient un réfrigérateur ou un four moins cher. Que Choisir rappelle que le site avait été lancé en 2001 et qu’il avait connu « un gros succès ». L’enseigne avait aussi pignon sur rue : le registre des entreprises recense des magasins Electromust avenue Daumesnil dans le 12e arrondissement, puis dans le 15e et le 17e, à Rosny-sous-Bois, à Boulogne-Billancourt ou encore à Chennevières-sur-Marne.
Les premières difficultés remontent à 2014. Selon les annonces du BODACC, la société qui exploitait alors l’enseigne, Arts Ménagers Services, est placée en redressement judiciaire en avril 2014 par le tribunal de commerce de Créteil, qui arrête un plan de cession en juillet. Que Choisir précise que c’est la société Pemiblanc Merchandising qui reprend alors l’activité. Immatriculée en juillet 2014, elle exploite Electromust et crée un second site, Electrosigma.com. Le registre des entreprises mentionne aussi les enseignes VP Discount et Literie Must sur l’un de ses magasins.
La reprise ne tient que deux ans. À l’été 2016, la situation se dégrade brutalement. Le BODACC fixe la date de cessation des paiements au 31 août 2016, et le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire le 14 septembre 2016. Les deux sites ferment, les magasins aussi, et les commandes en cours ne seront jamais honorées. L’état des créances est déposé fin 2017, puis la procédure est clôturée le 18 janvier 2023 pour insuffisance d’actif : autrement dit, il ne restait pas assez d’argent pour désintéresser les créanciers.

Ce que les clients d’Electromust ont vécu en 2016
En septembre 2016, Que Choisir décrivait des clients qui se plaignaient sur son forum et ailleurs de ne pas avoir reçu le four ou le lave-vaisselle commandé, de ne pas réussir à joindre le service client et de ne pas obtenir le remboursement des sommes versées. Les annonces promettaient souvent une livraison sous 15 jours, à un prix inférieur à celui des concurrents.
L’ampleur du problème est apparue ensuite. Dans une enquête publiée en août 2017, Que Choisir évoque plus de 500 victimes de la liquidation. L’enquête policière, citée par le même magazine en 2020, a recensé 386 victimes qui auraient perdu pour la plupart entre 500 et 700 euros, pour un préjudice total de plus de 216 000 euros.
Sur Trustpilot, la page d’Electromust affiche toujours une note de 1,2 sur 5 pour 87 avis, dont 92 % d’une étoile. Les avis les plus récents datent de l’automne 2016 : ce sont des témoignages de cette période, pas des avis sur un site actif aujourd’hui.

La procédure judiciaire : ce qui a été jugé
Après la liquidation, une procédure pénale a été ouverte. Selon Que Choisir, la société Pemiblanc Merchandising et son dirigeant de l’époque ont été poursuivis devant le tribunal judiciaire de Paris pour des pratiques commerciales trompeuses commises entre février et août 2016 : il leur était reproché de ne pas avoir livré des centaines de produits commandés. Le procès s’est ouvert le 15 octobre 2020.
D’après l’enquête de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Paris, rapportée par Que Choisir, les premiers défauts de paiement aux fournisseurs et prestataires seraient apparus dès la reprise de 2014. Plusieurs fournisseurs auraient ensuite bloqué leurs livraisons, alors que les produits restaient affichés en vente avec une livraison sous 15 jours.
Le 4 décembre 2020, le tribunal a rendu sa décision, toujours selon Que Choisir : le dirigeant a été condamné à 15 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende, et la société, en liquidation, à 150 000 euros d’amende. 246 victimes devaient être indemnisées pour les articles non livrés.
Ce jugement n’est pas définitif. Que Choisir indique dans une mise à jour de janvier 2021 que le prévenu et plusieurs parties civiles ont fait appel, ce qui implique un nouveau procès. Je n’ai trouvé aucune publication sérieuse sur l’issue de cet appel à la date de cette mise à jour (novembre 2026). Tant qu’une décision définitive n’est pas connue, la présomption d’innocence s’applique.
Electromust.com aujourd’hui : un blog qui n’a rien à voir
Si vous tapez electromust.com aujourd’hui, vous arrivez sur un blog intitulé « Votre Guide en Électroménager et Décoration », avec des rubriques déco, terrasse et jardin, entretien de la maison et bricolage. Il ne vend rien et ne propose aucun panier ni paiement. Ses mentions légales indiquent un autre éditeur, et le site ne fait aucune référence à l’ancien commerçant.
Le nom de domaine a donc simplement été repris. Ce blog n’est pas Electromust, ne peut pas traiter une ancienne commande et n’a aucune responsabilité dans les faits de 2016. À l’inverse, ne lui confiez aucune donnée en espérant obtenir un remboursement : il n’a aucun moyen de vous aider.
Vous étiez client d’Electromust : quels recours en 2026 ?
Soyons francs : dix ans après, les chances de récupérer son argent sont très faibles. Voici où en sont les différentes voies.
- La déclaration de créance : il fallait l’adresser au liquidateur judiciaire dans les deux mois suivant la publication du jugement au BODACC, avec le bon de commande et le relevé bancaire. La procédure étant clôturée depuis janvier 2023 pour insuffisance d’actif, cette voie est fermée.
- Le procès pénal : les victimes pouvaient se constituer partie civile gratuitement, par simple courrier au tribunal, jusqu’aux réquisitions du parquet, prévues le 22 octobre 2020. Selon Que Choisir, l’exécution provisoire ayant été prononcée, les 237 parties civiles pouvaient saisir la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi). Si vous étiez partie civile, rapprochez-vous de cette commission ou d’un avocat pour connaître l’état de votre dossier.
- La banque : en 2016, Que Choisir rappelait que le paiement par carte peut faire l’objet d’une opposition en cas de liquidation judiciaire du commerçant (article L.133-17 du code monétaire et financier), tout en notant que les banques l’appliquaient rarement. Pour un achat de 2016, les délais sont très probablement dépassés, mais votre conseiller peut vous le confirmer.
- Les associations de consommateurs : l’association locale UFC-Que Choisir peut relire votre dossier et vous dire s’il reste une démarche utile.
Pour un litige récent avec un autre site, le réflexe à avoir est SignalConso, la plateforme de la DGCCRF qui permet de signaler un problème à l’entreprise et aux services de contrôle. Gardez toujours vos preuves : confirmation de commande, échanges de mails, relevé bancaire.
Comment éviter de revivre une histoire comme celle d’Electromust
Le jour où notre lave-linge a rendu l’âme, avec les enfants à la maison et une pile de linge qui grandissait à vue d’œil, j’ai été tentée par une offre très en dessous des autres. Avant de payer, j’ai pris dix minutes pour vérifier le vendeur. Ce sont ces dix minutes que je vous conseille, surtout pour un gros appareil :
- Identifiez la société : les mentions légales doivent donner une raison sociale et un numéro SIREN. Saisissez-le sur l’annuaire officiel des entreprises ou sur le BODACC pour voir s’il existe une procédure collective (redressement, liquidation).
- Lisez les avis récents, pas seulement la note moyenne. Une série d’avis évoquant des retards et un service client injoignable est un signal d’alarme, comme dans l’affaire Oogarden, une autre enseigne en ligne liquidée.
- Méfiez-vous d’un prix nettement plus bas que partout ailleurs, surtout s’il s’accompagne d’une livraison longue.
- Payez par carte bancaire plutôt que par virement, et jamais en totalité très longtemps à l’avance.
- Fixez une date limite de livraison par écrit si l’annonce reste floue, et conservez toutes les preuves.
Ces réflexes valent pour tous les achats importants pour la maison, de l’électroménager aux meubles. Je les ai d’ailleurs détaillés pour un projet bien plus lourd dans mon article sur les arnaques des constructeurs de maison. Et l’histoire de la marque Maison Éthier, qui a fermé ses portes, rappelle qu’une enseigne connue peut aussi disparaître.
FAQ sur Electromust
Electromust existe-t-il encore ?
Non. La société qui exploitait Electromust, Pemiblanc Merchandising, a été placée en liquidation judiciaire le 14 septembre 2016, et la procédure a été clôturée pour insuffisance d’actif en janvier 2023. Les sites et les magasins ont fermé en 2016.
Que s’est-il passé avec Electromust ?
Après une reprise en 2014, l’entreprise a accumulé les difficultés financières. À l’été 2016, des centaines de clients n’ont reçu ni leur appareil ni leur remboursement, puis la liquidation a été prononcée. Le dirigeant de l’époque et la société ont été condamnés en première instance en décembre 2020 pour pratiques commerciales trompeuses, selon Que Choisir ; un appel a été formé.
Le site electromust.com est-il une arnaque ?
Le site actuel est un blog de décoration et de maison qui ne vend rien. Il est édité par une autre structure que l’ancienne société et n’a pas de lien avec les commandes de 2016.
Peut-on encore être remboursé d’une commande Electromust ?
C’est très peu probable. Le délai pour déclarer sa créance auprès du liquidateur est expiré depuis longtemps et la procédure a été clôturée faute d’actif. Seules les personnes qui s’étaient constituées partie civile au procès pénal pouvaient, selon Que Choisir, saisir la Civi.
Quelle est la différence entre Electromust et Electro Dépôt ?
Ce sont deux enseignes différentes. Electromust était exploitée par Arts Ménagers Services, puis par Pemiblanc Merchandising, deux sociétés aujourd’hui fermées. Electro Dépôt est une autre enseigne d’électroménager, sans lien avec cette affaire.
