Pour tailler un noyer trop haut, on ne coupe surtout pas la cime. On fait baisser la couronne progressivement : chaque année, on raccourcit les branches les plus hautes en les coupant juste au-dessus d’une branche latérale plus basse, qui prend le relais, sans retirer plus d’un quart environ du feuillage. Il faut en général deux ou trois étés pour gagner quelques mètres. La période compte autant que le geste : le noyer se taille en été, quand il est en feuilles, idéalement de fin août à mi-septembre. En hiver et au printemps, ses plaies « pleurent » une sève abondante pendant des jours.
J’ai appris cette dernière règle à mes dépens. Jeune jardinière, j’ai scié en mars une branche basse du noyer qui gênait la tondeuse. Pendant plus d’une semaine, la coupe a coulé goutte à goutte, au point de faire une flaque sombre sur le banc posé dessous. L’arbre n’en est pas mort, mais je n’ai plus jamais touché à un noyer en dehors de l’été. Voici comment je m’y prends aujourd’hui, pour un noyer trop grand, un noyer adulte à entretenir ou un vieux sujet qu’on voudrait rabattre.
L’essentiel pour tailler un noyer
| Question | Réponse |
|---|---|
| Quand ? | En été, arbre en feuilles : de préférence de fin août à mi-septembre. Jamais en hiver ni au printemps (écoulement de sève). |
| Noyer trop haut | Réduction progressive sur 2 à 3 ans : couper les branches hautes au-dessus d’une branche latérale plus basse. Jamais d’étêtage. |
| Combien enlever ? | Pas plus d’un quart environ du feuillage par année |
| Grosses branches | Coupe en plusieurs temps, au ras du bourrelet à la base de la branche, sans mastic |
| Fréquence | Le moins souvent possible : un noyer bien placé se contente d’un nettoyage tous les quelques années |
| Grand sujet | Dès qu’il faut monter dans l’arbre ou couper au-dessus de la tête : arboriste-élagueur |
Quand tailler un noyer ?
Pourquoi le noyer « pleure » en hiver et au printemps
Le noyer fait partie des arbres dont la sève circule tôt et fort. Coupé pendant le repos hivernal ou à la reprise de végétation, il laisse s’écouler par ses plaies un liquide clair, parfois pendant des jours. On dit qu’il pleure. Ce n’est pas qu’une question d’esthétique : une plaie qui reste humide cicatrise mal et offre une porte d’entrée aux champignons. Le conseil, encore très répandu, de tailler « entre novembre et mars comme les autres fruitiers » ne vaut donc pas pour lui.
La bonne période : l’été, arbre en feuilles
Le Centre national de la propriété forestière (CNPF), qui suit les noyers plantés pour leur bois, recommande pour les élagages une coupe nette du 15 juin au 15 août : la cicatrisation est alors rapide, économe en énergie pour l’arbre, et la coupe évite l’apparition de gourmands. Il déconseille l’hiver, ainsi que les périodes de montée et de descente de sève. Au jardin, il faut ajouter un deuxième calendrier, celui des oiseaux : l’Office français de la biodiversité (OFB) invite à ne pas tailler haies et arbres entre le 16 mars et le 15 août, période de nidification, et un grand noyer abrite souvent un nid.
En croisant les deux, le créneau le plus sûr pour un noyer de jardin va de la seconde quinzaine d’août à la mi-septembre, avant que les feuilles ne jaunissent. Les plaies ont encore le temps de se refermer avant le froid, et les nichées sont envolées. Si une branche doit absolument partir en juillet, regardez d’abord s’il n’y a pas de nid occupé. Choisissez une journée sèche, et laissez de côté les périodes de canicule, où l’arbre souffre déjà.
Et le bois mort ?
Une branche morte ne contient plus de sève : on peut la retirer à n’importe quel moment de l’année, et il vaut mieux le faire vite si elle surplombe un passage, une terrasse ou un toit.
Faut-il vraiment tailler un noyer ?
Le plus souvent, très peu. Le noyer forme seul une belle charpente et n’a pas besoin, comme un pommier ou un poirier, d’une taille annuelle pour produire. Chaque coupe est une blessure qu’il referme lentement. On intervient donc pour de bonnes raisons : du bois mort, une branche cassée, une branche basse qui gêne le passage, des branches qui se frottent, un arbre qui déborde chez le voisin ou menace un toit, ou une couronne devenue vraiment trop haute pour le jardin. Faire « propre » ou « pour qu’il produise plus » ne justifie pas de sortir la scie.

Comment tailler un noyer trop haut
Réduire la hauteur d’un noyer, c’est raccourcir la couronne de l’extérieur vers l’intérieur, sans jamais laisser de moignon. La technique s’appelle la coupe de réduction, ou taille sur tire-sève.
- Repérez les branches qui dépassent : les plus hautes et celles qui partent à la verticale au sommet. Prenez du recul, idéalement depuis l’étage d’une maison voisine ou le fond du jardin, pour visualiser la silhouette finale.
- Suivez chaque branche vers le bas jusqu’à une ramification orientée vers l’extérieur et assez forte pour prendre le relais : comptez une branche latérale d’au moins un tiers du diamètre de la partie que vous enlevez.
- Coupez juste au-dessus de ce relais, légèrement en biais, en suivant l’angle de la branche conservée. La sève continue de circuler dans le relais, la plaie se referme mieux et il ne repart pas une forêt de gourmands.
- Arrêtez-vous à un quart environ du feuillage. Le reste attendra l’été suivant. En deux ou trois saisons, l’arbre perd plusieurs mètres tout en gardant une forme naturelle.
Pourquoi il ne faut jamais étêter un noyer
Couper la tête de l’arbre à une hauteur donnée, au milieu des branches, est le réflexe qui fait le plus de dégâts. Chaque moignon se couvre de rejets verticaux, mal attachés, qui grossissent vite et finissent par casser. Le CNPF le rappelle à propos du noyer : raccourcir les branches de cette façon est néfaste, car cela amplifie leur croissance en diamètre. Les grosses plaies ne se referment pas et le bois pourrit de l’intérieur. Au bout de quelques années, l’arbre est plus dense, plus fragile et aussi haut qu’avant. Je connais un vieux noyer étêté par un ancien propriétaire : il ressemble aujourd’hui à un balai à l’envers, et chaque coup de vent fait tomber une perche dans le pré.
Tailler un noyer pour qu’il reste petit
Un noyer commun n’est pas un arbre de petit jardin et aucune taille n’en fera un arbuste. Ce qu’on peut faire, c’est contenir un sujet jeune en le formant tôt : choisir un axe, garder des charpentières bien réparties et retirer chaque été, quand elles sont encore fines, les branches qui partent trop haut ou trop loin. Sur un noyer déjà adulte, la réduction progressive décrite plus haut permet de gagner de la place, pas de le transformer. Si l’arbre est vraiment au mauvais endroit, mieux vaut parfois le remplacer que le mutiler chaque année.
Peut-on tailler sévèrement ou rabattre un noyer ?
On peut, mais c’est un pari. Rabattre un noyer, c’est couper ses charpentières à quelques mètres du tronc. Un jeune noyer vigoureux le supporte en général et repart de partout. Un noyer adulte, et à plus forte raison un noyer de plus de 50 ans, encaisse beaucoup moins bien une taille sévère : les grosses plaies pourrissent, l’arbre s’épuise à refaire du feuillage et la production de noix s’effondre pendant des années. Le bois du noyer est par ailleurs un bois de valeur, et une couronne pleine de gros chicots en abîme une partie.
Si un rajeunissement est vraiment nécessaire, étalez-le sur trois étés au moins, en commençant par le bois mort et les branches les plus mal placées, et confiez le travail à un arboriste-élagueur qui saura choisir les relais. Si l’objectif est de faire disparaître l’arbre, l’abattage est souvent plus honnête qu’un rabattage qui le condamne à petit feu ; j’explique les démarches dans mon article pour faire abattre un arbre sans se ruiner.
Comment tailler un noyer adulte : la taille d’entretien
Sur un noyer adulte en bonne santé, l’entretien tient en quelques gestes, à faire tous les quelques années plutôt que chaque été :
- retirer le bois mort et les branches cassées ;
- supprimer l’une de deux branches qui se croisent et se frottent ;
- couper à leur base les gourmands, ces pousses verticales qui partent du tronc ou du dessus des grosses branches, et les rejets au pied ;
- relever, si besoin, une branche basse qui gêne le passage, en la supprimant entière plutôt qu’en la raccourcissant.
Pas de forme en gobelet, pas de raccourcissement systématique des branches d’un tiers : ces règles viennent de la taille des fruitiers à pépins et ne conviennent pas au noyer, qui porte ses noix sur les jeunes pousses : raccourcir ses branches, c’est surtout supprimer des noix et provoquer des gourmands.
Couper une grosse branche de noyer sans abîmer l’arbre
Une grosse branche se coupe en plusieurs temps, pour que son poids n’arrache pas l’écorce le long du tronc. Le CNPF décrit la méthode : commencer à 20 à 30 cm du tronc, puis enlever le chicot restant.
- Faites une entaille par-dessous, à 20-30 cm du tronc, sur un tiers de l’épaisseur.
- Sciez par-dessus, quelques centimètres plus loin : la branche tombe sans déchirer l’écorce.
- Retirez le chicot d’une coupe nette, juste à l’extérieur du bourrelet, ce renflement à la base de la branche marqué par une ride d’écorce. Ne coupez ni dedans, ni au ras du tronc : c’est ce bourrelet qui va refermer la plaie.
Inutile ensuite d’appliquer du mastic cicatrisant. Le CNPF juge la pose d’un produit cicatrisant « inutile et contraignante » : une coupe nette, au bon endroit et à la bonne saison, se referme seule. Utilisez une scie bien affûtée, nettoyez les lames à l’alcool entre deux arbres, et travaillez toujours les pieds au sol ou sur une échelle bien calée, jamais avec une tronçonneuse tenue au-dessus des épaules.

Couper des branches trop hautes : quand appeler un élagueur
Tant que vous pouvez travailler depuis le sol, avec un échenilloir ou une scie sur perche, la taille d’un noyer reste à votre portée. Dès qu’il faut grimper dans l’arbre, couper une branche au-dessus de la tête ou faire tomber du bois près d’une maison, d’une ligne électrique ou d’une clôture, c’est un travail d’arboriste-élagueur, équipé pour grimper encordé et retenir les branches. Un été, mon fils, qui a toujours aimé grimper, s’était mis en tête de monter dans notre noyer avec une scie pour « régler » une branche haute. Nous avons appelé un professionnel : il a retiré trois branches en une matinée, chacune descendue au bout d’une corde, sans un gramme de bois sur les tuiles.
Côté prix, je ne vous donnerai pas de chiffre au hasard : le tarif d’un élagage de noyer dépend de la hauteur de l’arbre, de l’accès (nacelle possible ou non), du volume de bois à couper, de l’évacuation des branches et de votre région. Demandez deux ou trois devis détaillés, après visite, en précisant que vous voulez une réduction de couronne et non un étêtage, et vérifiez que l’entreprise est assurée pour ce type de travaux.
Quelle hauteur atteint un noyer ?
Selon l’encyclopédie en protection des plantes de l’INRAE, le noyer commun est un arbre de grande taille qui peut atteindre 20 à 25 m, avec une couronne large en proportion. C’est la donnée à garder en tête avant de planter : un noyer installé à quelques mètres de la maison ou de la limite deviendra tôt ou tard « trop haut », quelle que soit la taille qu’on lui fera.
Un noyer trop grand près de chez le voisin
Les règles sont rappelées par Service-public.fr. Sauf règlement local, un arbre de plus de 2 m de haut doit être planté à au moins 2 m de la limite de propriété. Si les branches de votre noyer avancent chez le voisin, c’est à vous de les couper : il peut vous y obliger, mais il n’a pas le droit de les couper lui-même. Les racines, en revanche, il peut les couper librement, à la limite de son terrain. Une raison de plus pour tailler à temps, en été, plutôt que d’attendre une mise en demeure en plein hiver.
Couper un noyer porte-t-il malheur ?
Non, rien ne relie l’abattage ou la taille d’un noyer à la malchance. Le noyer traîne pourtant une réputation ambiguë dans les campagnes : on disait qu’il ne fallait pas s’endormir sous son ombre, que rien ne poussait à son pied, ou qu’on n’abattait pas l’arbre planté par un aïeul. Ces croyances racontent surtout l’attachement qu’on portait à un arbre précieux pour ses noix, son huile et son bois. Le seul vrai « malheur », c’est une taille mal faite ou faite au mauvais moment. Le figuier traîne une superstition voisine, que je démêle dans mon article sur la question de savoir si couper un figuier porte malheur, et d’autres végétaux ont la même réputation, comme je le raconte à propos des plantes dites porte-malheur.
Après la taille
Un noyer bien taillé n’a besoin de rien de particulier : ni mastic, ni engrais, ni arrosage spécial, sauf s’il est jeune et que l’été est sec. L’année suivante, surveillez les gourmands qui repartent près des coupes et retirez-les en été, quand ils sont encore fins. Ramassez les branches et les feuilles : le bois de noyer, une fois sec, fait un excellent bois de chauffage.
Questions fréquentes sur la taille du noyer
Quelle est la meilleure période pour élaguer un noyer ?
L’été, quand l’arbre est en feuilles. Au jardin, le créneau idéal va de la seconde quinzaine d’août à la mi-septembre : la cicatrisation est rapide et les oiseaux ont fini de nicher. Évitez l’hiver et le printemps, où les plaies du noyer laissent couler beaucoup de sève.
Comment tailler un noyer trop haut ?
Par réduction progressive : raccourcissez les branches les plus hautes en coupant juste au-dessus d’une branche latérale plus basse qui prend le relais, sans retirer plus d’un quart environ du feuillage par an. Étalez l’opération sur deux ou trois étés et ne coupez jamais la cime à une hauteur fixe.
Est-il possible de rabattre un noyer ?
Un jeune noyer vigoureux supporte un rabattage. Sur un noyer adulte ou âgé, c’est risqué : les grosses plaies pourrissent et l’arbre s’affaiblit durablement. Préférez une réduction étalée sur plusieurs années, confiée à un arboriste-élagueur, ou l’abattage si l’arbre n’a plus sa place.
Peut-on tailler un noyer en hiver ?
Mieux vaut l’éviter. En hiver et au début du printemps, le noyer « pleure » : ses plaies laissent s’écouler de la sève pendant des jours et cicatrisent mal. Seul le bois mort peut être retiré en toute saison.
Quelle hauteur atteint un noyer ?
Le noyer commun peut atteindre 20 à 25 m de haut, selon l’INRAE, avec une large couronne. Prévoyez sa place dès la plantation : aucune taille n’en fera un petit arbre.
Faut-il mettre du mastic après avoir coupé une branche de noyer ?
Non. Une coupe nette, faite juste à l’extérieur du bourrelet à la base de la branche et en été, se referme seule. Le CNPF juge le produit cicatrisant inutile.
Couper un noyer porte-t-il malheur ?
Non, c’est une croyance populaire sans fondement. Le noyer avait une forte valeur pour ses noix, son huile et son bois, ce qui explique les superstitions qui l’entourent. Le seul risque réel est de l’affaiblir par une taille sévère ou faite en hiver.
